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# Détox : vraie aide pour l’organisme ou simple argument marketing ?
- URL: https://naturopathie.mindandmovement.ch/detox-vraie-aide-pour-lorganisme-ou-simple-argument-marketing/
- Published: 2026-09-16T09:44:42.000Z
- Updated: 2026-09-16T09:44:42.000Z
- Author: Ludovic Bapst

## Introduction

**Détox.**

Difficile d'échapper à ce mot.

Cure détox de printemps, jus détox, tisane détox, programme de 7 jours pour « nettoyer son foie » ou éliminer les excès après les fêtes...

À force de l'utiliser partout, on finit surtout par ne plus vraiment savoir ce qu'il signifie.

D'un côté, certains produits nous promettent de « débarrasser notre organisme de ses toxines » en quelques jours. De l'autre, on entend parfois que la détox n'existe tout simplement pas, puisque notre foie et nos reins font déjà très bien leur travail.

Alors, qui a raison ?

Comme souvent en santé, **la réponse mérite un peu plus de nuance.**

Oui, notre organisme possède ses propres mécanismes de transformation et d'élimination. Le foie, les reins, l'intestin et les poumons y participent en permanence. Nous n'avons donc pas besoin d'attendre le printemps --- ni de boire du jus de céleri pendant une semaine --- pour que notre organisme commence soudainement à faire son travail.

Et les fameuses cures commerciales « détox » ? La littérature scientifique est plutôt décevante : une revue publiée dans le *Journal of Human Nutrition and Dietetics* relevait déjà le très faible niveau de preuves cliniques permettant d'affirmer que ces régimes éliminent réellement des toxines chez l'humain.[\[1\]](#fn1)

**Mais cela signifie-t-il que soutenir les fonctions d'élimination de l'organisme n'a aucun intérêt ? Ou que les plantes traditionnellement utilisées en naturopathie autour du foie, de la bile, de la digestion ou des reins sont inutiles ?**

Non plus.

Et c'est précisément là que les choses deviennent intéressantes.

Parce qu'entre un jus vendu avec la promesse vague de « purifier votre organisme » et l'utilisation ciblée d'une plante médicinale pour ses propriétés cholérétiques, cholagogues, diurétiques ou hépatoprotectrices, nous ne parlons pas de la même chose.

Certaines plantes possèdent des actions physiologiques documentées et des usages traditionnels ou médicinaux reconnus. Mais elles n'agissent pas toutes de la même manière et ne sont pas indiquées chez tout le monde.

C'est finalement moins le mot "détox" qui m'intéresse que ce que l'on met réellement derrière.

Alors plutôt que de décider que « la détox fonctionne » ou que « la détox est une arnaque », je vous propose de regarder ce que notre organisme fait réellement, ce que l'on entend en naturopathie par soutien des fonctions d'élimination, ce que certaines plantes peuvent apporter... et dans quelles situations cela peut avoir du sens.

## Avant de parler de détox... de quoi parle-t-on vraiment ?

Le mot **« toxines »** est utilisé très facilement dans le domaine du bien-être, parfois sans que l'on sache vraiment ce qu'il désigne.

Pourtant, notre organisme doit bel et bien transformer et éliminer de nombreuses substances.

Certaines sont produites naturellement par notre métabolisme. D'autres viennent de l'extérieur : médicaments, alcool, polluants ou autres substances étrangères à l'organisme, que l'on regroupe notamment sous le terme de **xénobiotiques**.

Pour y faire face, notre corps possède différents systèmes de transformation et d'élimination dans lesquels le foie occupe une place centrale.

**Le foie : bien plus qu'un simple « filtre »**

On présente parfois le foie comme un filtre qu'il faudrait régulièrement « nettoyer ».

L'image est parlante... mais elle n'est pas vraiment juste.

**Le foie ne stocke pas simplement les déchets en attendant qu'une cure vienne les évacuer.** C'est un organe métabolique extrêmement actif, impliqué dans de très nombreuses fonctions : métabolisme des nutriments, synthèse de protéines, production de bile, stockage de certaines substances, métabolisme hormonal et biotransformation de nombreux composés.

Dans le cadre de cette biotransformation, différentes réactions enzymatiques permettent de modifier certaines molécules afin de faciliter leur utilisation ou leur élimination.

On parle souvent des **phases I et II de la détoxification hépatique**.

Sans entrer trop loin dans la biochimie, la phase I transforme certaines molécules, notamment grâce à des enzymes telles que les cytochromes P450\. La phase II permet ensuite la conjugaison de différents composés, ce qui contribue généralement à les rendre plus facilement éliminables.

Une partie de ces métabolites pourra ensuite être excrétée, notamment par la **bile ou les urines**.

Autrement dit : **la détoxification est bien une réalité physiologique.**

Ce qui devient beaucoup plus discutable, c'est de laisser entendre qu'un aliment, un jus ou une cure universelle pourrait à lui seul « nettoyer » l'ensemble de l'organisme.

Et surtout, le foie réalise ces fonctions en permanence.

Il n'attend pas votre cure de printemps.

## Le foie n'est pas seul

Parler uniquement du foie serait également réducteur.

Les **reins** participent à la filtration du sang et à l'élimination urinaire de nombreux déchets et métabolites.

L'**intestin** constitue lui aussi une voie d'élimination importante. Le transit, l'alimentation, les fibres et le microbiote interviennent dans cet environnement intestinal et peuvent également influencer le devenir de certains composés.

Les **poumons**, enfin, assurent notamment l'élimination du dioxyde de carbone.

Notre organisme possède donc plusieurs voies complémentaires de transformation et d'élimination.

Et c'est ici que ma vision naturopathique rejoint la physiologie : **l'objectif n'est pas de faire à la place de ces organes, mais de s'intéresser aux conditions dans lesquelles ils assurent leurs fonctions.**

La question devient alors moins :

**« Comment détoxifier mon corps ? »**

et davantage :

**« Est-ce que mon alimentation, mon transit, mon hydratation, mon hygiène de vie et, lorsque c'est pertinent, un soutien phytothérapeutique, accompagnent correctement ces fonctions ? »**

## Alors, que signifie réellement « soutenir le foie » en naturopathie ?

C'est ici qu'une distinction importante doit être faite.

En naturopathie et en phytothérapie, soutenir le foie ne signifie pas nécessairement le "drainer".

Lorsque j'utilise une plante médicinale, je ne la choisis pas simplement parce qu'elle porte l'étiquette « détox ». Je m'intéresse à ses propriétés, à la partie de la plante utilisée, à sa galénique, à l'objectif recherché, mais également au terrain de la personne, à ses éventuels traitements et aux contre-indications.

Et surtout, toutes les plantes traditionnellement associées au foie n'agissent pas de la même manière.

Une plante **cholérétique** favorise la production de bile, tandis qu'une plante **cholagogue** en favorise l'évacuation. Certaines plantes possèdent davantage une action **diurétique**, alors que d'autres sont surtout étudiées pour leurs propriétés **hépatoprotectrices**.

C'est une distinction importante, parce que **protéger le foie, soutenir la fonction biliaire et augmenter l'élimination urinaire sont trois choses différentes.**

**Artichaut, fumeterre, pissenlit... pourquoi ne sont-ils pas interchangeables ?**

Prenons quelques exemples que j'utilise en phytothérapie.

L'**artichaut (*Cynara scolymus*)** est traditionnellement utilisé dans les troubles digestifs. Ses feuilles contiennent notamment des dérivés de la lutéoline, de la cynarine et des principes amers. Dans ma formation en phytothérapie, il est notamment décrit pour ses actions cholagogue et amphocholérétique et pour son intérêt dans la sphère hépatobiliaire et digestive.[\[2\]](#fn2)

La **fumeterre (*Fumaria officinalis*)** présente un autre profil. Elle est notamment décrite comme **amphocholérétique**, c'est-à-dire qu'elle participe à la régulation de la sécrétion biliaire, et comme spasmolytique. Elle est traditionnellement utilisée dans différents troubles digestifs et biliaires.[\[3\]](#fn3)

Le **pissenlit (*Taraxacum officinale*)** est encore différent. Sa racine est traditionnellement utilisée dans la sphère digestive et biliaire, tandis que l'herbe possède davantage une action diurétique.[\[4\]](#fn4) Voilà un bon exemple d'une plante pour laquelle **la partie utilisée compte également**.

Et puis il y a des plantes qui nous permettent justement de sortir de l'équation : **« plante du foie = plante drainante ».**

**Chardon-Marie et Desmodium : soutenir ne veut pas toujours dire drainer**

Le **chardon-Marie (*Silybum marianum*)** est surtout connu pour sa teneur en silymarine, un complexe de flavonolignanes dont la silybine constitue l'un des principaux composants. Ses propriétés hépatoprotectrices et antioxydantes ont fait l'objet de nombreuses recherches.

Dans ma formation en phytothérapie, le chardon-Marie est ainsi classé parmi les plantes **hépatoprotectrices**, avec également des propriétés cholérétiques et cholagogues.[\[5\]](#fn5)

Le **Desmodium (*Desmodium adscendens*)** est particulièrement intéressant dans cette distinction.

Traditionnellement utilisé dans plusieurs pays africains, notamment dans le cadre de troubles hépatiques, il est étudié pour ses propriétés hépatoprotectrices. Des travaux expérimentaux ont notamment observé des effets protecteurs sur différents modèles de lésions hépatiques, même si les données cliniques chez l'être humain restent beaucoup plus limitées et nécessitent encore d'être consolidées.[\[6\]](#fn6)

Et j'aime beaucoup la manière dont il est présenté dans ma monographie de phytothérapie :

**« Desmodium est avant tout un protecteur hépatique, pas un draineur lors de détox. »**

Cette phrase résume finalement assez bien toute cette partie.

Une plante dite "du foie" n'est pas automatiquement une plante qui "nettoie le foie".

Et c'est précisément pour cela que l'expression « prendre une plante détox » ne veut finalement pas dire grand-chose.

- Quelle plante ?
- Quelle partie de la plante ?
- Pour quelle action ?
- Dans quel objectif ?
- Chez quelle personne ?
- Et pendant combien de temps ?

> **Une cure doit avoir un objectif**

Dans ma pratique, lorsque je propose une préparation de plantes, notamment sous forme d'EPS (extraits fluides de plantes fraîches standardisés), je cherche donc avant tout à répondre à un objectif précis.

Il peut s'agir, selon la situation, de soutenir la digestion ou la fonction biliaire, d'accompagner certaines fonctions d'élimination ou de privilégier une approche davantage hépatoprotectrice.

Mais cela ne signifie pas que ces plantes sont indiquées chez tout le monde.

Les monographies montrent justement que certaines plantes de la sphère hépatobiliaire nécessitent des précautions ou sont contre-indiquées dans certaines situations, notamment en présence d'obstruction des voies biliaires, de certaines lithiases, pendant la grossesse ou en fonction des traitements médicamenteux.

**Naturel ne signifie donc pas anodin.**

Et le choix d'une plante devrait répondre à une indication, un terrain et un objectif, plutôt qu'au simple fait que nous soyons au printemps.

## Faut-il faire une cure au printemps et en automne ?

Le printemps et l'automne sont traditionnellement associés aux cures de drainage en naturopathie.

Et ce n'est pas forcément dénué de sens.

Les changements de saison peuvent être des moments intéressants pour refaire le point sur son alimentation, son transit, son sommeil, son niveau d'activité physique ou encore certains excès. Après l'hiver, par exemple, notre rythme et notre alimentation ont parfois changé, nous avons souvent passé davantage de temps à l'intérieur et certaines personnes ressentent le besoin de retrouver plus de légèreté à l'arrivée du printemps.

Une cure phytothérapeutique ciblée peut alors avoir sa place.

**Mais saison propice ne signifie pas cure obligatoire.**

Ce n'est pas parce que nous sommes le 21 mars que tout le monde a soudainement besoin de « drainer son foie ».

En naturopathie, l'une des notions qui m'intéresse particulièrement avant de proposer une cure est celle de **vitalité** : de quelles ressources la personne dispose-t-elle à ce moment-là ? Présente-t-elle plutôt des signes de surcharge, des carences, de la fatigue, ou un mélange de plusieurs de ces éléments ?

Dans l'approche enseignée au cours de ma formation en naturopathie, cette évaluation participe justement au choix entre différentes stratégies : détoxification, revitalisation ou stabilisation.

Et c'est une distinction importante.

**Quand la fatigue change les priorités**

Prenons une personne qui arrive à la fin de l'hiver complètement épuisée.

Elle dort mal depuis plusieurs mois, son alimentation est devenue irrégulière, elle manque d'énergie et récupère difficilement.

Est-ce vraiment le moment de commencer automatiquement une cure de drainage simplement parce que le printemps arrive ?

Pas nécessairement.

Dans ma pratique, lorsqu'une personne manque déjà de ressources, ma priorité sera généralement de chercher à comprendre pourquoi elle est fatiguée avant de vouloir la « détoxifier ».

Comment dort-elle ? Mange-t-elle suffisamment ? Ses apports en protéines et en micronutriments sont-ils adaptés ? Son transit fonctionne-t-il correctement ? Quelle est sa charge de stress ? Récupère-t-elle suffisamment ? Et cette fatigue nécessite-t-elle un bilan médical ou biologique ?

Une fatigue persistante ne devrait évidemment pas être simplement attribuée à un « foie surchargé ».

Selon le contexte, il peut être beaucoup plus pertinent de commencer par **revitaliser** : retravailler l'alimentation, corriger certains apports, soutenir le sommeil et la récupération ou rechercher une éventuelle carence avant d'envisager un drainage.

Cette notion de revitalisation fait d'ailleurs partie intégrante de l'approche naturopathique : lorsque les ressources sont insuffisantes, l'objectif est d'abord de soutenir le terrain plutôt que de multiplier les stratégies d'élimination.

**En naturopathie aussi, l'ordre dans lequel on intervient compte.**

**Et l'automne ?**

L'automne peut lui aussi être un moment intéressant pour faire le point, mais je garderais exactement la même logique.

Certaines personnes traversent très bien le changement de saison. D'autres arrivent déjà fatiguées, stressées ou avec une alimentation insuffisante.

Là encore, je ne proposerai pas automatiquement une cure de drainage parce que le calendrier indique octobre.

Je vais plutôt me demander :

**De quoi cette personne a-t-elle besoin maintenant ?**

Parfois, ce sera un accompagnement des fonctions digestives ou d'élimination.

Parfois, ce sera davantage de la revitalisation.

Parfois, simplement quelques ajustements d'hygiène de vie.

Et parfois, les deux axes peuvent se croiser, mais avec une stratégie et une intensité adaptée à la personne.

**La saison peut donc orienter notre réflexion. Elle ne devrait pas décider à elle seule de la cure.**

## Et dans les troubles hormonaux, quel rôle pour le foie ?

Le foie ne sert évidemment pas uniquement à transformer des substances étrangères à l'organisme.

Il participe également au **métabolisme de nombreuses hormones**, notamment des hormones stéroïdiennes telles que les œstrogènes. Après avoir exercé leurs fonctions, celles-ci subissent différentes transformations, notamment au niveau hépatique, avant que leurs métabolites puissent être éliminés par les urines ou via la bile.[\[7\]](#fn7)

Et c'est là que l'intestin entre également dans l'histoire.

Une partie des œstrogènes conjugués par le foie est excrétée dans la bile puis arrive dans l'intestin. Certaines bactéries intestinales produisent des enzymes, notamment des **β-glucuronidases**, capables de déconjuguer une partie de ces composés. Ceux-ci peuvent alors être réabsorbés et retourner dans la circulation : c'est ce que l'on appelle la **circulation entérohépatique**. [\[8\]](#fn8)

L'ensemble des bactéries intestinales et de leurs fonctions impliquées dans le métabolisme des œstrogènes est parfois regroupé sous le terme d'**estrobolome**. [\[9\]](#fn9)

Cela permet de comprendre pourquoi, dans certaines problématiques hormonales, le foie, l'intestin, le microbiote et le transit peuvent faire partie de la réflexion globale.

Mais là encore, attention au raccourci.

Cela ne signifie pas :

« Vous avez un trouble hormonal ? Il faut détoxifier votre foie. »

Un trouble hormonal peut avoir de nombreuses origines et nécessite une prise en charge adaptée.

En revanche, selon le contexte, il peut être pertinent de s'intéresser également au fonctionnement digestif, au transit, à l'alimentation, à la consommation d'alcool, aux médicaments, à certaines expositions environnementales et, lorsque cela est indiqué, au soutien phytothérapeutique.

Le foie peut donc constituer un axe de travail parmi d'autres, sans devenir l'explication universelle de tous les déséquilibres hormonaux.

Et c'est finalement la même logique que pour le reste de cet article : soutenir une fonction physiologique lorsqu'il existe une indication n'est pas la même chose que proposer une "détox" systématique.

## Avant d'acheter une cure « détox », revenons aux choses beaucoup moins sexy

C'est probablement la partie la moins vendeuse de cet article.

Pourtant, avant de chercher la plante, le complément ou le jus qui va « nettoyer » votre organisme, il y a quelques questions beaucoup plus intéressantes à se poser.

Comment mangez-vous au quotidien ? Votre alimentation apporte-t-elle suffisamment de végétaux, de fibres et de protéines ? Votre transit est-il régulier ? Buvez-vous suffisamment ? Quelle place l'alcool occupe-t-il dans votre semaine ? Bougez-vous régulièrement ? Dormez-vous suffisamment ? Comment récupérez-vous ?

Et surtout :

**Qu'essayez-vous réellement d'améliorer avec cette cure ?**

- Une digestion difficile ?
- Des ballonnements ?
- Un transit irrégulier ?
- Une sensation de lourdeur après les repas ?
- De la fatigue ?
- L'envie de retrouver de meilleures habitudes après une période d'excès ?

Parce que derrière le mot « détox » se cachent parfois des besoins complètement différents.

Une personne qui présente une digestion difficile n'a pas nécessairement besoin du même accompagnement qu'une personne épuisée, constipée ou qui souhaite simplement retrouver une alimentation plus équilibrée après les fêtes.

Et c'est aussi là que l'individualisation prend tout son sens.

**Les bases restent... les bases**

Aucune plante ne peut compenser durablement une consommation importante d'alcool, un manque chronique de sommeil, une alimentation très déséquilibrée ou une sédentarité importante.

Cela ne signifie pas qu'une plante ne peut rien apporter.

Cela signifie simplement qu'elle vient **s'intégrer dans une prise en charge plus globale**, lorsqu'elle est pertinente.

Une alimentation suffisamment riche en végétaux et en fibres contribue notamment au bon fonctionnement intestinal. Une hydratation adaptée participe au fonctionnement normal des reins. L'activité physique, le sommeil, la consommation d'alcool et, plus largement, l'hygiène de vie influencent eux aussi notre santé métabolique.

Ce sont des choses beaucoup moins spectaculaires qu'un programme « détox 7 jours ».

Mais ce sont aussi celles sur lesquelles nous avons le plus intérêt à travailler sur le long terme.

**La phytothérapie vient alors en complément, et non à la place de ces bases.**

## Et les jus, les monodiètes ou le jeûne dans tout ça ?

Les cures de jus, les monodiètes ou différentes formes de restriction alimentaire sont également traditionnellement utilisées en naturopathie. Elles sont notamment présentées comme des moyens de diminuer temporairement la charge digestive.

Mais là encore, je préfère éviter d'en faire une règle ou une solution universelle.

Une semaine de jus n'est pas nécessaire pour que le foie commence à assurer ses fonctions de biotransformation, et « mettre le système digestif au repos » ne signifie pas que l'on extrait soudainement des toxines de l'organisme.

Selon la personne, son état nutritionnel, son état de santé, ses traitements et l'objectif recherché, une restriction alimentaire peut d'ailleurs être inadaptée.

**Ce n'est donc pas parce qu'une pratique appartient à la tradition naturopathique qu'elle doit être proposée systématiquement, ni expliquée avec des mécanismes physiologiques qu'elle n'a pas démontrés.**

## Alors, la détox : utile ou marketing ?

Finalement... tout dépend de ce que l'on met derrière ce mot.

Si « faire une détox » signifie boire un jus pendant sept jours pour débarrasser son organisme de mystérieuses toxines accumulées, les preuves scientifiques permettant de soutenir cette promesse sont très limitées.

Notre organisme possède déjà ses propres mécanismes de biotransformation et d'élimination. Le foie, les reins, l'intestin et les poumons y participent chaque jour.

Mais cela ne signifie pas que soutenir certaines de ces fonctions n'a jamais de sens.

La phytothérapie nous offre des plantes aux actions différentes : certaines interviennent davantage sur la sphère digestive ou biliaire, certaines favorisent l'élimination urinaire et d'autres sont étudiées pour leurs propriétés hépatoprotectrices.

Le Desmodium nous en donne d'ailleurs un bel exemple : soutenir le foie ne signifie pas nécessairement le drainer.

**Mon regard de naturopathe**

Lorsque je propose une cure de plantes ou une préparation d'EPS, mon objectif n'est pas de « nettoyer » un organisme qui serait sale.

Je cherche d'abord à comprendre ce dont la personne a besoin à ce moment-là.

Parfois, un soutien digestif ou hépatobiliaire peut être intéressant.

Parfois, une approche hépatoprotectrice sera plus pertinente.

Parfois, je préfère commencer par revitaliser, travailler l'alimentation, le sommeil ou rechercher la cause d'une fatigue.

Et parfois... je ne propose aucune cure du tout.

C'est finalement assez représentatif de ma manière de travailler :

- On ne draine pas simplement parce que c'est le printemps.
- On ne revitalise pas simplement parce que c'est l'hiver.
- Et on ne choisit pas une plante simplement parce que son étiquette porte le mot « détox ».

On accompagne une personne en fonction de son terrain, de sa vitalité, de ses besoins, de son état de santé et de l'objectif recherché.

La prochaine fois que vous verrez passer une publicité pour une « détox 7 jours », la bonne question ne sera donc peut-être pas :

« Est-ce que j'ai besoin de détoxifier mon corps ? »

Mais plutôt :

« Qu'est-ce que j'essaie réellement d'améliorer... et quelle approche est la plus pertinente pour moi ? »

## Bibliographie

**Supports de formation et monographies de phytothérapie**

**Sublet, L.** (2021). *Fumaria officinalis L. -- Fumeterre. Système digestif n°12.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud. Source pédagogique : Wichtl, *Teedrogen und Phytopharmaka*, 6e éd.

**Sublet, L.** (2021). *Cynara scolymus L. -- Artichaut. Système digestif n°9.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud. Source pédagogique : Wichtl, *Teedrogen und Phytopharmaka*, 6e éd.

**Sublet, L.** (2021). *Taraxacum officinale Weber -- Pissenlit officinal. Système digestif n°21.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud. Source pédagogique : Wichtl, *Teedrogen und Phytopharmaka*, 6e éd.

**Sublet, L.** (2019). *Silybum marianum (L.) Gaertn -- Chardon-Marie. Système digestif n°23.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud.

**Sublet, L.** (2019). *Desmodium adscendens -- Desmodium. Système digestif n°10.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud.

**Roland, A.-F.** (2024). *Les 3 cures naturopathiques : de la détoxification à la revitalisation.* Support de formation en naturopathie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire.

**Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire.** *Cure de désintoxication -- Bromatologie.* Support de formation en naturopathie..

**Grant DM.** Detoxification pathways in the liver. *Journal of Inherited Metabolic Disease.* 1991;14(4):421--430\. PMID: 1749210.

**Klein AV, Kiat H.** Detox diets for toxin elimination and weight management: a critical review of the evidence. *Journal of Human Nutrition and Dietetics.* 2015;28(6):675--686\. doi:10.1111/jhn.12286\. PMID: 25522674.

**Magielse J, Arcoraci T, Breynaert A, et al.** Antihepatotoxic activity of a quantified *Desmodium adscendens* decoction and D-pinitol against chemically-induced liver damage in rats. *Journal of Ethnopharmacology.* 2013\. doi:10.1016/j.jep.2012.12.039\. PMID: 23291573.

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1. Detox diets for toxin elimination and weight management: a critical review of the evidence  
[https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25522674/](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25522674/?ref=naturopathie.mindandmovement.ch) [↩︎](#fnref1)
2. **Sublet, L.** (2021). *Cynara scolymus L. -- Artichaut. Système digestif n°9.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud. Source pédagogique : Wichtl, *Teedrogen und Phytopharmaka*, 6e éd. [↩︎](#fnref2)
3. **Sublet, L.** (2021). *Fumaria officinalis L. -- Fumeterre. Système digestif n°12.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud. Source pédagogique : Wichtl, *Teedrogen und Phytopharmaka*, 6e éd. [↩︎](#fnref3)
4. *Taraxacum officinale Weber -- Pissenlit officinal. Système digestif n°21.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud. Source pédagogique : Wichtl, *Teedrogen und Phytopharmaka*, 6e éd. [↩︎](#fnref4)
5. **Sublet, L.** (2019). *Silybum marianum (L.) Gaertn -- Chardon-Marie. Système digestif n°23.* Formation en phytothérapie, Amarilys -- Centre de convergence pluridisciplinaire. Revue par Sylvain Garraud. [↩︎](#fnref5)
6. Magielse J, Arcoraci T, Breynaert A, et al. Antihepatotoxic activity of a quantified *Desmodium adscendens* decoction and D-pinitol against chemically-induced liver damage in rats. *J Ethnopharmacol.* 2013;146(1):250--256\. doi:10.1016/j.jep.2012.12.039\. PMID: 23291573\. [↩︎](#fnref6)
7. Raftogianis R, Creveling C, Weinshilboum R, Weisz J. Estrogen metabolism by conjugation. *J Natl Cancer Inst Monogr.* 2000;(27): [https://academic.oup.com/jncimono/article/2000/27/113/934445](https://academic.oup.com/jncimono/article/2000/27/113/934445?ref=naturopathie.mindandmovement.ch) [↩︎](#fnref7)
8. Baker JM, Al-Nakkash L, Herbst-Kralovetz MM. Estrogen--gut microbiome axis: physiological and clinical implications. *Maturitas.* 2017; [https://www.maturitas.org/article/S0378-5122(17)30650-3/fulltext](https://www.maturitas.org/article/S0378-5122%2817%2930650-3/fulltext?ref=naturopathie.mindandmovement.ch) [↩︎](#fnref8)
9. Baker JM, Al-Nakkash L, Herbst-Kralovetz MM. Estrogen--gut microbiome axis: physiological and clinical implications. *Maturitas.* 2017; [https://www.maturitas.org/article/S0378-5122(17)30650-3/fulltext](https://www.maturitas.org/article/S0378-5122%2817%2930650-3/fulltext?ref=naturopathie.mindandmovement.ch) [↩︎](#fnref9)