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# Petit-déjeuner : il faut manger le matin… et il faut manger salé ! Ah oui, vraiment ?
- URL: https://naturopathie.mindandmovement.ch/petit-dejeuner-il-faut-manger-le-matin-et-il-faut-manger-sale-ah-oui-vraiment/
- Published: 2026-09-16T07:28:10.000Z
- Updated: 2026-09-16T07:28:10.000Z
- Author: Ludovic Bapst
- Tags: Nutrition

## Introduction

« Il faut manger salé le matin. »

Vous avez sûrement déjà entendu ce conseil. Tout comme : « Il ne faut surtout pas sauter le petit-déjeuner ! »

Entre les œufs recommandés au réveil, le sucre qu'il faudrait bannir et le petit-déjeuner présenté comme « le repas le plus important de la journée », difficile de savoir ce qu'il faudrait vraiment mettre dans son assiette… ou même s'il faut en mettre une.

Et si le problème venait justement de toutes ces règles ?

Parce qu'en réalité, salé ou sucré n'est peut-être pas la bonne question. Et manger dès le réveil n'est pas une obligation non plus.

Ce qui m'intéresse davantage, c'est votre premier repas de la journée : quand vous avez réellement faim, ce qu'il contient et ce qu'il vous apporte.

Alors, reprenons depuis le début.

## Il faut manger salé le matin » : vraiment

Prenons deux petits-déjeuners très classiques.

D'un côté : croissant, confiture, jus de fruits. De l'autre : bacon, saucisses, pain blanc.

Le premier est sucré. Le deuxième est salé.

Mais est-ce que le deuxième est automatiquement plus intéressant pour notre organisme simplement parce qu'il est salé ? Non.

Et c'est justement là que le conseil *« mangez salé le matin »* devient beaucoup trop simpliste.

Car salé ne veut pas dire équilibré, tout comme sucré ne veut pas forcément dire mauvais.

Ce qui nous intéresse réellement, c'est la composition globale du repas : contient-il une source suffisante de protéines ? Des fibres ? Des lipides de qualité ? Quels glucides avons-nous choisis ? Est-il rassasiant ? Et surtout, comment s'intègre-t-il dans le reste de notre alimentation ?

Prenons un autre exemple.

Un bol composé de yogourt nature ou de skyr, de flocons d'avoine, de fruits, de noix et de quelques graines aura une saveur plutôt sucrée. Pourtant, sa composition nutritionnelle n'a rien à voir avec celle d'un croissant accompagné d'un jus de fruits.

À l'inverse, bacon, saucisses et pain blanc forment bien un petit-déjeuner salé… sans pour autant en faire automatiquement un choix particulièrement intéressant au quotidien.

Finalement, nos papilles nous disent si un repas est sucré ou salé. Elles ne nous disent pas s'il est équilibré.

## Alors, que devrait contenir notre premier repas ?

Je ne vais pas vous proposer ici *LE petit-déjeuner parfait*.

Il n'existe pas.

Mais lorsque j'analyse un premier repas, il y a quelques éléments auxquels je vais particulièrement m'intéresser.

### Une vraie source de protéines

C’est probablement l’un des premiers points que je regarde.

Le petit-déjeuner occidental classique, pain blanc, confiture, céréales soufflées, viennoiseries, jus de fruits, est souvent largement construit autour des glucides et relativement pauvre en protéines.

Or, les protéines ne servent pas uniquement à nos muscles. Elles sont constituées d’acides aminés, indispensables à de très nombreuses fonctions de notre organisme. Certains de ces acides aminés interviennent notamment dans la fabrication de nos neurotransmetteurs, ces messagers chimiques qui permettent aux cellules nerveuses de communiquer entre elles.

C’est le cas de la tyrosine, un acide aminé que l’on retrouve dans les aliments riches en protéines. Elle intervient dans la voie de synthèse des catécholamines, notamment la dopamine puis la noradrénaline et l’adrénaline.

Et la dopamine nous intéresse particulièrement en début de journée puisqu’elle participe, entre autres, aux mécanismes de motivation, d’attention et de mise en action.

Mais attention au raccourci : manger des protéines le matin ne signifie pas que l’on va automatiquement “booster sa dopamine”. Notre cerveau est bien plus complexe que cela. En revanche, apporter suffisamment de protéines permet de fournir à l’organisme les acides aminés dont il a besoin pour assurer, parmi beaucoup d’autres fonctions, la synthèse de certains neurotransmetteurs.

À cela s’ajoute un autre intérêt très concret : les protéines participent à la satiété et permettent de mieux répartir nos apports protéiques sur l’ensemble de la journée.

Et protéines ne veut pas forcément dire bacon ou jambon.

Œufs, yogourt grec, skyr, cottage cheese, tofu, houmous… les possibilités sont nombreuses.

### Des glucides ? Oui, mais lesquels ?

Les glucides ne sont pas nos ennemis.

Et là encore, j'éviterais volontiers de remplacer *« mangez salé »* par une nouvelle règle du type *« jamais de glucides le matin »*.

Ce serait retomber exactement dans le même travers.

Il y a une différence importante entre un croissant accompagné d'un jus de fruits et des flocons d'avoine, du sarrasin ou une tranche de pain complet au levain intégrés dans un repas contenant également protéines, fibres et lipides.

Le degré de transformation de l'aliment, sa teneur en fibres, la quantité consommée et les aliments avec lesquels il est associé comptent davantage que la simple présence du mot « glucides ».

Et les fruits ?

Oui, eux aussi ont parfaitement leur place. Un fruit entier apporte notamment de l'eau, des fibres, des vitamines, des minéraux et différents composés végétaux. Il n'est donc pas comparable à un sucre ajouté simplement parce qu'il contient naturellement des sucres.

L'objectif n'est pas de supprimer les glucides, mais de mieux les choisir et de les intégrer dans un repas plus complet.

### Des lipides de qualité et des fibres

Noix, amandes, graines, purées d'oléagineux, avocat, huile d'olive…

Les lipides font eux aussi partie d'une alimentation équilibrée et peuvent facilement compléter le premier repas.

Les graines et les fruits oléagineux sont particulièrement pratiques puisqu'ils apportent à la fois des lipides, des fibres, différents micronutriments et une certaine quantité de protéines.

Pour les fibres, pensez également aux fruits entiers, aux légumes, aux céréales complètes, aux graines ou encore aux légumineuses selon le type de repas.

Vous commencez à voir où je veux en venir ?

**On ne cherche plus à savoir si le repas est salé ou sucré. On regarde ce qu'il y a réellement dedans.**

## Et surtout : êtes-vous vraiment obligé de manger le matin ?

Voilà le deuxième grand *« il faut »* auquel j'avais envie de m'attaquer.

« Il ne faut jamais sauter le petit-déjeuner. »

Là encore, la réalité est plus nuancée.

Certaines personnes se réveillent avec une vraie faim et prennent volontiers leur premier repas à 6 h 30 ou 7 h.

D'autres peuvent difficilement avaler quoi que ce soit au réveil. La faim apparaîtra peut-être à 9 h, 10 h ou plus tard.

Alors pourquoi faudrait-il absolument faire manger tout le monde à la même heure ?

Se forcer à avaler des œufs, du pain ou un porridge simplement parce que *« le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée »* n'a pas forcément de sens.

Et les données scientifiques sont justement plus nuancées que cette vieille affirmation. Une revue systématique et méta-analyse d'essais randomisés publiée dans le BMJ en 2019 \[1\] n'a pas montré que le simple fait d'ajouter un petit-déjeuner constituait une stratégie efficace pour perdre du poids. Les auteurs appelaient néanmoins à la prudence en raison de la durée et de la qualité des études disponibles.

Autrement dit, cette étude ne nous dit pas que **sauter le petit-déjeuner est meilleur**.

Elle nous rappelle surtout quelque chose d'important : nous avons intérêt à nous méfier des règles universelles.

**Je ne vous dis donc pas de manger le matin. Je ne vous dis pas non plus de ne pas manger le matin.**

Je vous invite plutôt à observer votre faim, votre rythme et vos besoins.

## Le premier repas de la journée : voilà ce qui m'intéresse

C'est d'ailleurs pour cela que je préfère parler de premier repas de la journée plutôt que de petit-déjeuner.

Notre corps possède une horloge interne, appelée rythme circadien, qui organise sur environ 24 heures une multitude de fonctions : veille et sommeil, sécrétions hormonales, température corporelle, digestion ou encore certains aspects de notre métabolisme.

Nous ne sommes donc pas exactement dans le même état physiologique à 8 h, à 14 h ou à 23 h.

Mais attention : cela ne veut pas dire qu'il existe une heure magique à laquelle tout le monde devrait impérativement manger.

Nos rythmes de vie ne sont pas identiques. Notre activité physique, notre sommeil, nos horaires professionnels, nos habitudes et nos sensations de faim non plus.

Vous avez faim à 7 h ? Très bien. Intéressons-nous à ce que contient votre petit-déjeuner.

Vous n'avez faim qu'à 9 h ou 10 h ? Votre premier repas sera simplement plus tard.

Vous ne mangez généralement rien avant midi ? Là encore, plutôt que de conclure immédiatement que c'est « bien » ou « mal », je préfère regarder **l'ensemble de la situation** : ce que vous mangez ensuite, vos apports sur la journée, votre énergie, votre faim et votre satiété, votre digestion, votre activité physique ou encore votre rythme de vie.

Et c'est là que l'individualisation prend tout son sens.

Pas d'heure magique. Pas de petit-déjeuner universel. Mais un premier repas qui doit trouver sa place dans votre journée à vous.

## Concrètement, ça donne quoi ?

Il n'existe donc pas un petit-déjeuner idéal. Mais voici quelques idées pour comprendre comment appliquer tout cela dans la vraie vie :

- Plutôt sucré : yogourt grec ou skyr + flocons d'avoine + fruits rouges + noix ou graines.
- Plutôt végétal : yogourt de soja riche en protéines + flocons d'avoine + graines de chanvre ou de chia + fruit + purée d'amandes.
- Plutôt salé : œufs + légumes + tranche de pain complet au levain + avocat ou filet d'huile d'olive.
- Pas faim au réveil : rien à 7 h… et un premier repas plus complet lorsque la faim apparaît.

Et évidemment, la vraie vie ne ressemble pas toujours à une assiette parfaitement composée.

Un croissant de temps en temps parce que vous en avez envie ? Bien sûr !

L'idée n'est pas de chercher la perfection ni de culpabiliser pour un aliment. Un croissant occasionnel ne va pas déséquilibrer votre alimentation, pas plus qu'un petit-déjeuner parfaitement composé ne va, à lui seul, la rendre équilibrée.

Ce sont nos habitudes dans leur ensemble et ce que nous faisons la plupart du temps qui comptent.

Et finalement, c'est aussi ça que j'aimerais transmettre ici : mieux manger ne devrait pas signifier ajouter encore plus d'interdits et de culpabilité dans son assiette.

## Moins de règles, plus de compréhension

En nutrition, les messages très simples fonctionnent bien.

*Il faut manger le matin.* *Il faut jeûner le matin.* *Il faut manger salé.* *Il faut supprimer les glucides.* *Il faut manger des œufs.*

Le problème, c'est que notre physiologie — et surtout nos vies — sont un peu plus complexes qu'une publication Instagram.

Alors si vous ne devez retenir qu'une chose de cet article, ce serait celle-ci :

Ne remplaçons pas le dogme du petit-déjeuner sucré par celui du petit-déjeuner salé.

À la place, posons-nous quelques questions beaucoup plus intéressantes :

De quoi est composé mon premier repas ? Où sont mes protéines ? Ai-je suffisamment de fibres ? Les aliments que je choisis me rassasient-ils ? Comment est mon énergie ensuite ? Et surtout : est-ce que cette façon de manger me convient réellement ?

Parce que manger mieux, ce n'est pas accumuler toujours plus de règles.

C'est aussi apprendre à comprendre ce dont notre corps a besoin et comment l'adapter à notre quotidien.

## Mon regard de naturopathe

En consultation, je ne regarde jamais un petit-déjeuner de manière isolée.

Il fait partie d'un ensemble : votre alimentation sur la journée, bien sûr, mais également votre rythme de vie, votre sommeil, votre niveau de stress, votre activité physique, votre digestion, votre faim et votre satiété, vos objectifs et, lorsque cela est pertinent, votre contexte biologique.

Deux personnes peuvent donc venir me voir avec exactement le même petit-déjeuner… et ne pas forcément avoir besoin des mêmes adaptations.

L'objectif n'est pas de vous remettre une liste supplémentaire de *« il faut »* et *« il ne faut pas »*.

Il est plus important de comprendre votre fonctionnement, identifier ce qui mérite réellement d'être ajusté et trouver des solutions suffisamment simples pour avoir leur place dans votre quotidien.

Et finalement, c'est peut-être ça la bonne question à se poser devant son petit-déjeuner, ou son premier repas :

« Est-ce que ce repas me convient vraiment ? »

## Références

Résimont S, Andreu A. *Pleine Santé : vitalité, immunité, anti-âge, anti-kilos. Guide illustré de médecine fonctionnelle et nutritionnelle*. 2e éd. Résurgence – Médecine Fonctionnelle; 2021.

Berthou A. *Traité de la pleine santé par l’alimentation durable : nutrition, écologie et évolution*. Malakoff: Dunod; 2023

Institut National du Sommeil et de la Vigilance. *Une alimentation équilibrée et régulière, gage d'un meilleur sommeil*, dossier Journée du Sommeil 2024.

[https://institut-sommeil-vigilance.org/wp-content/uploads/2020/02/Dossier-de-presse-JS-2024.pdf](https://institut-sommeil-vigilance.org/wp-content/uploads/2020/02/Dossier-de-presse-JS-2024.pdf?ref=naturopathie.mindandmovement.ch)

**Sievert K, Hussain SM, Page MJ, et al.** *Effect of breakfast on weight and energy intake: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials.* BMJ. 2019;364:l42\. [https://www.bmj.com/content/364/bmj.l42](https://www.bmj.com/content/364/bmj.l42?ref=naturopathie.mindandmovement.ch)

**Fernstrom JD, Fernstrom MH.** *Tyrosine, phenylalanine, and catecholamine synthesis and function in the brain.* J Nutr. 2007;137(6 Suppl 1):1539S–1547S.

[https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17513421/](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17513421/?ref=naturopathie.mindandmovement.ch) 

**Dalgaard LB, Kruse DZ, Norup K, et al.** *A dairy-based, protein-rich breakfast enhances satiety and cognitive concentration before lunch in overweight to obese young females: a randomized controlled crossover study.* J Dairy Sci. 2024.

[https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38135050/](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38135050/?ref=naturopathie.mindandmovement.ch)

**Slebe** **R, Wenker E,** **Schoonmade** **LJ, et al.** *Effects of timing of meal intake on glucose metabolism: a systematic review and meta-analysis of human intervention studies.* Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2026.

[https://www.nmcd-journal.com/article/S0939-4753(26)00340-6/fulltext](https://www.nmcd-journal.com/article/S0939-4753%2826%2900340-6/fulltext?ref=naturopathie.mindandmovement.ch) 

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1. Sievert K, Hussain SM, Page MJ, et al. *Effect of breakfast on weight and energy intake: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials.* BMJ. 2019;364:l42\. [https://www.bmj.com/content/364/bmj.l42](https://www.bmj.com/content/364/bmj.l42?ref=naturopathie.mindandmovement.ch) ↩︎