Migraine : causes, déclencheurs et solutions naturelles

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Migraine : causes, déclencheurs et solutions naturelles
Photo by Valeriia Miller / Unsplash

Introduction

La migraine ne se résume pas à « avoir mal à la tête ».

Douleur pulsatile, nausées, sensibilité à la lumière ou au bruit, fatigue, difficultés à se concentrer... Pour certaines personnes, une crise peut réellement mettre le quotidien sur pause pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Et lorsque les migraines reviennent, le réflexe est souvent de chercher ce qui les déclenche : le chocolat ? Le stress ? Les hormones ? Un manque de magnésium ? Une mauvaise nuit ?

La réalité est généralement moins simple.

La migraine est une maladie neurologique. Mais différents facteurs peuvent favoriser le déclenchement d'une crise chez une personne prédisposée. Et surtout, plusieurs facteurs peuvent se cumuler.

Une mauvaise nuit ne déclenchera peut-être rien. Mais ajoutez une journée stressante, un repas sauté, peu d'eau et l'arrivée des règles... et le seuil de déclenchement peut être atteint.

C'est cette logique qui m'intéresse en consultation : ne pas chercher uniquement « quoi prendre contre la migraine ? », mais essayer de comprendre dans quel contexte elle apparaît.

Migraine ou mal de tête : parlons-nous de la même chose ?

Toutes les céphalées ne sont pas des migraines.

La migraine se manifeste généralement par des crises récurrentes pouvant durer plusieurs heures à plusieurs jours. La douleur est souvent pulsatile, parfois d'un seul côté de la tête, et peut être aggravée par l'activité physique.

Elle peut s'accompagner de :

  • Nausées ou vomissements ;

  • Sensibilité à la lumière ;

  • Sensibilité au bruit ;

  • Sensibilité aux odeurs ;

  • Fatigue importante ;

  • Difficultés de concentration.

Certaines personnes présentent également une aura, avec par exemple des troubles visuels, sensitifs ou du langage précédant ou accompagnant la crise.

À l'inverse, une céphalée de tension donne plus volontiers une sensation de pression ou de serrement, souvent bilatérale, comme un bandeau autour de la tête.

Et cette distinction compte : on ne prend pas en charge toutes les céphalées de la même manière.

Pourquoi certaines migraines semblent-elles arriver « sans raison » ?

Parce qu'il n'y a pas forcément un déclencheur.

On parle parfois de seuil migraineux. Imaginez un verre que différents facteurs viennent progressivement remplir.

Une nuit trop courte ajoute un peu d'eau.

Une journée particulièrement stressante en ajoute encore.

Vous avez oublié de boire, sauté votre repas de midi et vos règles commencent le lendemain ?

Le verre peut finir par déborder : la crise se déclenche.

Chez une autre personne, la combinaison sera complètement différente.

C'est aussi pour cette raison qu'un aliment peut sembler déclencher une migraine un jour... et être parfaitement toléré la semaine suivante.

Les facteurs à observer

Parmi les facteurs fréquemment rapportés, on retrouve notamment :

  1. Le sommeil. Un manque de sommeil, mais aussi des changements importants de rythme, peuvent influencer la survenue des crises. La relation fonctionne d'ailleurs dans les deux sens : la migraine peut elle-même perturber le sommeil.

  2. Le stress. Il ne provoque pas systématiquement une migraine, mais il peut participer à l'abaissement du seuil chez certaines personnes. Certaines décrivent également des crises lorsque la pression retombe, par exemple au début du week-end ou des vacances.

  3. L'alimentation. Plutôt que de supprimer d'office chocolat, fromage, gluten, café et une longue liste d'aliments, je préfère rechercher des associations reproductibles. Les déclencheurs alimentaires ne sont pas universels.

  4. Les repas sautés. Une longue période sans manger peut être problématique chez certaines personnes migraineuses.

  5. L'hydratation. Un apport hydrique insuffisant est un déclencheur fréquemment rapporté.

  6. La caféine. Elle mérite une nuance particulière : chez certaines personnes, elle peut participer au déclenchement des crises ; chez d'autres, c'est surtout son arrêt brutal ou les variations importantes de consommation qui posent problème.

  7. L'alcool. Là encore, la sensibilité est individuelle.

  8. Les hormones. Chez de nombreuses femmes migraineuses, les crises sont influencées par les fluctuations hormonales du cycle menstruel.

  9. Et il peut encore y avoir les odeurs, la lumière, certains changements météorologiques ou d'autres facteurs très personnels.

L'objectif n'est donc pas de vivre en essayant d'éviter tout ce qui pourrait potentiellement provoquer une migraine.

Il est plutôt de repérer vos propres schémas.

Ma petite checklist quand une migraine arrive

Si votre mal de tête est occasionnel, ressemble à ce que vous connaissez habituellement et ne présente aucun signe inquiétant, commencez par faire un rapide état des lieux.

☐ Ai-je suffisamment bu aujourd'hui ?
☐ Ai-je mangé suffisamment et régulièrement ?
☐ Ai-je beaucoup augmenté ou diminué ma consommation habituelle de café ?
☐ Ai-je mal dormi ces derniers jours ?
☐ Suis-je dans une période particulièrement stressante ?
☐ Ai-je accumulé beaucoup de temps devant les écrans ?
☐ Est-ce que je ressens des tensions importantes dans la nuque, les épaules ou la mâchoire ?
☐ Où en suis-je dans mon cycle menstruel ?
☐ Y a-t-il un facteur que j'ai déjà identifié lors de crises précédentes ?

Puis revenez aux choses simples : boire, manger si nécessaire, diminuer les stimulations, vous mettre au calme ou dans l'obscurité si la lumière vous gêne, vous reposer et observer l'évolution.

Cela ne remplace évidemment pas un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Si les migraines reviennent : sortez le carnet

C'est probablement l'un des outils les plus simples et les plus intéressants : le journal des migraines.

Pas besoin d'un tableau compliqué.

Pendant quelques semaines, notez simplement :

  • La date et l'heure de la crise
  • Sa durée et son intensité
  • Les symptômes associés
  • Votre sommeil
  • Les repas et éventuellement l'alcool ou la caféine
  • Votre hydratation
  • Votre niveau de stress
  • Votre cycle menstruel si vous êtes concernée
  • Les médicaments pris et leur effet.

L'intérêt n'est pas de surveiller chaque détail de votre vie.

Il est de faire apparaître les répétitions.

C'est exactement ce qui peut permettre de constater, par exemple, que des migraines considérées jusque-là comme aléatoires apparaissent presque toujours à une période précise du cycle, après certaines nuits de travail, lors de périodes de sommeil perturbé ou lorsque plusieurs facteurs s'accumulent.

Migraine et règles : quand le cycle devient un indice

Les variations hormonales constituent un facteur important chez certaines femmes migraineuses.

La migraine menstruelle survient typiquement autour des menstruations. La chute des œstrogènes qui précède les règles joue notamment un rôle dans son déclenchement.

On distingue également les femmes dont les migraines surviennent exclusivement autour des règles de celles qui présentent des crises à cette période et à d'autres moments du mois.

C'est là encore que le journal devient particulièrement intéressant : notez le premier jour des règles en même temps que vos crises pendant plusieurs cycles.

Une tendance devient parfois très évidente.

Et lorsqu'un lien hormonal semble se dessiner, la prise en charge mérite d'être individualisée. Une migraine liée au cycle ne se résume pas à prendre « une plante pour les hormones ».

Quelles solutions naturelles ont un intérêt contre la migraine ?

C'est souvent ici que l'on aimerait trouver LE remède naturel contre la migraine.

Il n'existe malheureusement pas.

En revanche, certaines approches ont été étudiées et peuvent avoir leur place dans une stratégie préventive, selon la personne et son contexte.

Le magnésium[1]

Le magnésium est probablement l'un des micronutriments les plus connus dans le domaine de la migraine.

Il intervient notamment dans le fonctionnement neuromusculaire et nerveux. Certaines recommandations l'intègrent parmi les options pouvant être envisagées en prévention de la migraine.

En pratique, les dosages étudiés sont généralement de l'ordre de 400 à 600 mg de magnésium élément par jour, selon la forme utilisée et les recommandations. La tolérance digestive peut toutefois devenir limitante à ces doses, notamment avec certaines formes de magnésium.

Dans ma pratique, le choix de la forme et du dosage dépend donc aussi du terrain, de l'alimentation, de la tolérance digestive et des autres apports.

La vitamine B2[2]

La riboflavine, ou vitamine B2, est également étudiée en prévention de la migraine.

Elle participe notamment au métabolisme énergétique cellulaire, ce qui explique en partie l'intérêt porté à cette vitamine dans une maladie où le métabolisme énergétique cérébral fait partie des pistes étudiées.

Elle peut constituer une option chez certaines personnes, mais là encore dans une stratégie globale plutôt qu'en supplémentation automatique chez chaque personne migraineuse.

La vitamine B2 est utilisée à des doses bien supérieures aux apports nutritionnels habituels dans les études sur la prévention de la migraine.

Une dose de 400 mg/jour est notamment retrouvée dans les études et recommandations sur la migraine.

La coenzyme Q10[3]

La CoQ10 intervient elle aussi dans la production d'énergie mitochondriale et a fait l'objet de recherches dans la prévention de la migraine.

On retrouve selon les études des apports autour de 100 à 300 mg/jour, souvent répartis sur la journée selon le produit utilisé.

Les résultats sont intéressants mais ne justifient pas de considérer la CoQ10 comme un traitement universel.

Magnésium, B2 et CoQ10 illustrent plutôt ce que j'aime en micronutrition : utiliser un nutriment lorsqu'il existe une raison pertinente de le faire, pas empiler des compléments « spécial migraine ».

La grande camomille[4]

La grande camomille (Tanacetum parthenium), aussi appelée partenelle, est traditionnellement utilisée dans la prévention des migraines. Dans mes formations, on retrouve notamment 400 mg/jour d'extrait sec comme exemple de dosage. Les études cliniques ont toutefois utilisé des préparations et des extraits différents : la dose doit donc être interprétée en fonction de la forme et de la standardisation du produit [5].

Les données scientifiques restent nuancées. Une revue Cochrane concluait à des résultats encourageants mais encore limités, tandis qu'une méta-analyse plus récente publiée en 2025 retrouve un effet favorable sur la fréquence des crises, tout en soulignant certaines limites des études disponibles.

Et si le stress ou les tensions font partie du tableau ?

Ils méritent d'être considérés, sans pour autant expliquer toutes les migraines par « le stress ».

Chez certaines personnes, travailler sur la récupération, la régularité du sommeil, la respiration, l'activité physique ou la détente musculaire peut contribuer à diminuer la charge globale qui rapproche du seuil migraineux.

Yoga doux, marche, exercices respiratoires, relaxation ou autres pratiques peuvent donc avoir leur place.

Mais là encore : ce sont des outils, pas une explication universelle.

Une personne souffrant de migraine n'a pas simplement besoin de « se détendre ».

Quand aller chercher plus loin ?

Lorsque les migraines deviennent répétitives, la question n'est plus seulement de savoir comment faire passer la prochaine crise.

Cela mérite d'aller plus loin lorsque :

☐ les crises deviennent fréquentes ;
☐ elles perturbent régulièrement le travail, le sommeil ou la vie quotidienne ;
☐ leur fréquence ou leur intensité augmente ;
☐ vous utilisez régulièrement des médicaments contre la douleur ou la migraine ;
☐ vous ne parvenez pas à identifier ce qui favorise les crises ;
☐ les migraines apparaissent régulièrement autour des menstruations ;
☐ d'autres symptômes accompagnent les crises.

Une consultation permet de discuter des traitements adaptés.

Selon la situation, certaines investigations ou analyses peuvent également être pertinentes. Mais il n'existe pas un « bilan migraine » identique pour tout le monde.

Quand faut-il consulter rapidement ?

La plupart des maux de tête ne correspondent heureusement pas à une urgence. Mais certains signes doivent faire rechercher rapidement un avis médical.

Consultez notamment rapidement en cas de :

☐ mal de tête brutal, extrêmement intense et inhabituel ;
☐ nouveau mal de tête accompagné d'une faiblesse d'un côté du corps, d'un trouble de la parole, d'une confusion, d'une perte de connaissance ou d'un autre symptôme neurologique inhabituel
☐ fièvre importante associée à une raideur de la nuque ou à une altération importante de l'état général ;
☐ mal de tête important après un traumatisme crânien ;
☐ céphalée nouvelle ou très différente de vos maux de tête habituels, particulièrement si elle s'aggrave ;
☐ mal de tête inhabituel et préoccupant pendant la grossesse ou après l'accouchement.

Dans le doute, mieux vaut demander un avis médical.

Comprendre avant d'empiler les solutions

La migraine est complexe. La réduire à un manque de magnésium, au stress, aux hormones ou à un aliment particulier serait beaucoup trop simple.

Mais ces différents facteurs peuvent faire partie du tableau et, surtout, ils ne sont pas les mêmes chez tout le monde.

C'est pour cette raison qu'en consultation, je ne cherche pas une « formule migraine » applicable à chacun. Je m'intéresse plutôt à la fréquence des crises, au moment où elles apparaissent, au sommeil, au stress, à l'alimentation, au cycle menstruel lorsqu'il est concerné, au rythme de vie, aux éventuels déficits et aux traitements déjà en place.

Parfois, quelques ajustements suffisent à identifier un déclencheur jusque-là passé inaperçu. Dans d'autres situations, il faut investiguer davantage ou travailler en complément du suivi médical.

Avant de chercher quoi prendre contre ses migraines, commencer par comprendre quand, comment et dans quel contexte elles apparaissent est déjà une première étape.


  1. https://www.neurology.org/doi/10.1212/WNL.0b013e3182535d0c ↩︎

  2. https://www.neurology.org/doi/10.1212/WNL.0b013e3182535d0c ↩︎

  3. https://www.neurology.org/doi/10.1212/WNL.0b013e3182535d0c ↩︎

  4. Systematic review and meta-analysis of Tanacetum parthenium: evaluating its efficacy in migraine relief https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41422534/ ↩︎

  5. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25892430/ ↩︎