Rhume et nez qui coule : la version Sels de Schüssler

Nez qui coule, nez bouché, sécrétions qui changent... Les sels de Schüssler proposent une approche différente selon le stade et les manifestations du rhume. Zoom sur quelques sels intéressants chez les petits comme chez les grands.

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Rhume et nez qui coule : la version Sels de Schüssler

Introduction

Le nez commence à couler. Puis il se bouche. Quelques éternuements arrivent, parfois une petite toux... et lorsque l'on a des enfants, on connaît souvent la suite : quelques jours plus tard, c'est au tour des parents.

Le rhume fait partie des petites infections que l'on rencontre régulièrement, particulièrement durant la saison froide. Chez les enfants, elles peuvent même s'enchaîner avec une facilité assez déconcertante.

En naturopathie, plusieurs approches peuvent accompagner ces épisodes : phytothérapie, alimentation, micronutrition, mesures d'hygiène... Mais aujourd'hui, j'ai volontairement choisi de n'en explorer qu'une seule : les sels de Schüssler.

Que sont exactement ces petits comprimés ? D'où viennent-ils ? Et surtout, pourquoi ne choisit-on pas forcément le même sel lorsque le nez commence tout juste à couler que quelques jours plus tard ?

Avant toute chose : un rhume, c'est quoi ?**

Le rhume est généralement une infection virale des voies respiratoires supérieures. Nez qui coule ou bouché, éternuements, irritation de la gorge et toux peuvent faire partie du tableau.

Et il faut parfois simplement... du temps.

Chez l'enfant, un rhume peut durer environ deux semaines et la toux persister davantage. La couleur des sécrétions peut également évoluer au cours de l'infection ; elle ne suffit donc pas, à elle seule, à conclure à une infection bactérienne ou à la nécessité d'un antibiotique.

Quelques gestes très simples restent donc la base : boire suffisamment, se reposer, aérer les pièces et utiliser du sérum physiologique ou une solution saline pour dégager le nez. Chez l'enfant de plus d'un an, un peu de miel peut également aider à apaiser la toux. Jamais de miel avant 12 mois, en raison du risque de botulisme infantile.

Et les sels de Schüssler dans tout ça ?

Mais au fait, qui était le Dr Schüssler ?

Wilhelm Heinrich Schüssler était un médecin allemand né en 1821. Au XIXe siècle, il développe une méthode thérapeutique qu'il appelle « Biochemie », construite autour de douze sels minéraux.

Sa méthode s'inscrit dans l'histoire des médecines complémentaires et a notamment été influencée par l'homéopathie, dans laquelle Schüssler avait été formé.

Son approche repose sur l'idée que certains sels minéraux jouent un rôle dans le fonctionnement cellulaire et que leur administration sous forme diluée pourrait soutenir certains processus de régulation de l'organisme.

C'est ainsi que naissent les 12 sels fonctionnels de Schüssler, auxquels seront ajoutés plus tard des sels complémentaires.

Un sel de Schüssler n'est pas un complément minéral

C'est une distinction importante.

Prendre Ferrum phosphoricum n°3 n'est pas la même chose que prendre une supplémentation en fer destinée à corriger une carence martiale. De même, Magnesium phosphoricum n'est pas l'équivalent d'une supplémentation nutritionnelle en magnésium.

Les sels de Schüssler appartiennent à une approche thérapeutique complémentaire historique. Leur mode d'action proposé par cette méthode n'est pas établi par les données scientifiques actuelles comme le serait celui d'un apport nutritionnel destiné à corriger une carence.

Je les utilise donc comme un outil complémentaire de ma pratique naturopathique, et non comme un remplacement d'un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Le rhume selon l'approche Schüssler

Ce que je trouve intéressant avec les sels de Schüssler, c'est que l'on ne raisonne pas uniquement :

« J'ai un rhume = je prends tel produit. »

On observe plutôt comment l'épisode évolue.

Est-ce le tout début ?
Le nez coule-t-il beaucoup ?
Les sécrétions deviennent-elles plus épaisses ?
Blanchâtres ? Jaunâtres ?
La muqueuse est-elle sèche ou irritée ?

C'est ce tableau qui oriente le choix.

Et pour un rhume, quelques numéros reviennent particulièrement souvent.

N°3 -- Ferrum phosphoricum : lorsque ça commence**

Ferrum phosphoricum est probablement l'un des sels les plus connus de la méthode Schüssler.

Il est classiquement associé à la première phase d'un processus inflammatoire : ce moment où l'on sent que « quelque chose arrive », parfois avant même que les symptômes ne soient véritablement installés.

Cela peut correspondre aux premiers signes du rhume : sensation de refroidissement, début d'irritation, premiers éternuements ou symptômes encore peu spécifiques.

Le n°3 fait également partie du trio dit « immunitaire », aux côtés des n°4 et 10.

À retenir : n°3 = le début du processus inflammatoire.

N°4 -- Kalium chloratum : lorsque les sécrétions s'épaississent

Lorsque le rhume évolue, le tableau peut changer.

Kalium chloratum n°4 est associé à une deuxième phase du processus inflammatoire. Il devient notamment intéressant lorsque les sécrétions prennent un aspect plus épais, visqueux ou blanchâtre. On le retrouve également lorsque la toux s'accompagne d'expectorations visqueuses, laiteuses ou blanchâtres.

On quitte donc le tout début du n°3 pour un processus qui s'est davantage installé.

À retenir : n°4 = sécrétions plus épaisses et blanchâtres.

N°8 -- Natrium chloratum : quand le nez coule

Voilà probablement celui auquel on pense facilement devant le fameux nez qui coule sans arrêt.

Natrium chloratum n°8 est le sel associé au bilan hydrique. Il trouve notamment sa place en cas de sécrétions aqueuses et de coryza. En usage externe, la crème n°8 peut également être appliquée à la base du nez ou sur la muqueuse nasale.

Le n°8 appartient également au trio « muqueuses », avec les n°4 et 12.

À retenir : n°8 = bilan hydrique, coryza et nez qui coule.

N°6 -- Kalium sulfuricum : lorsque les sécrétions deviennent jaunâtres

Kalium sulfuricum n°6 correspond à une phase inflammatoire plus avancée. Au niveau respiratoire, on le retrouve notamment en présence de sécrétions jaunâtres et dans les rhinites qui tendent à s'installer.

Attention cependant : des sécrétions jaunes ou vertes ne signifient pas automatiquement qu'un rhume est devenu bactérien. La couleur du mucus peut tout à fait évoluer au cours d'une infection virale.

À retenir : n°6 = phase plus avancée, avec notamment des sécrétions jaunâtres.

N°10 -- Natrium sulfuricum : le « camion-poubelle »

C'est probablement l'image la plus simple pour retenir Natrium sulfuricum n°10 : en sels de Schüssler, on aime le surnommer le « camion-poubelle ».

Pourquoi ? Parce qu'il est traditionnellement associé aux processus d'élimination et d'excrétion. Dans le contexte du rhume, on peut donc y penser lorsque l'organisme est dans cette phase où il produit et évacue beaucoup de sécrétions. Le n°10 fait également partie du trio dit « immunitaire », avec les n°3 et 4.

L'image est assez parlante : le n°10 aide le "camion-poubelle" à faire son travail d'évacuation.

À retenir : n°10 = le « camion-poubelle », associé à l'élimination

Et le n°12 -- Calcium sulfuricum ?

Calcium sulfuricum n°12 est davantage associé aux processus avec suppuration, ainsi qu'aux sinusites.

Je ne le placerais donc pas parmi les premiers sels auxquels penser pour un petit rhume banal. Il devient plutôt intéressant dans un tableau différent, lorsque les symptômes évoluent ou se prolongent.

Et bien sûr, lorsque l'on sort du simple rhume --- douleurs importantes des sinus, fièvre persistante, altération de l'état général ou évolution inhabituelle --- les sels de Schüssler ne remplacent pas une évaluation médicale.

Alors, quels sels choisir quand le nez commence à couler ?

Il existe des associations de sels de Schüssler déjà établies. On retrouve par exemple le trio 3 + 4 + 10 pour le soutien immunitaire, ou encore 4 + 8 + 12 lorsque l'on souhaite travailler davantage autour des muqueuses.

Mais pour un rhume classique, j'aime faire encore plus simple.

Le n°3 Ferrum phosphoricum et le n°8 Natrium chloratum constituent pour moi une bonne base, particulièrement au début : le n°3 pour accompagner la première phase inflammatoire et le n°8 lorsque le nez coule et que les muqueuses sont sollicitées.

Puis, plutôt que d'ajouter systématiquement tous les autres sels, j'observe comment le rhume évolue et je choisis celui qui correspond le mieux au tableau du moment.

Le nez coule beaucoup ? Le n°8 reste particulièrement intéressant. Les sécrétions deviennent épaisses et blanchâtres ? Je penserai davantage au n°4. Elles évoluent vers du jaune ? Le n°6 peut prendre sa place. Et lorsqu'on souhaite davantage accompagner la phase d'élimination, le n°10, notre fameux « camion-poubelle », devient intéressant.

Autrement dit, l'idée n'est pas de mémoriser une formule du type 3 + 4 + 6 + 8 + 10 à chaque rhume.

C'est plutôt :

Une base avec les n°3 + 8, puis on adapte selon ce que l'on observe.

Parce qu'un rhume n'est pas figé. Il peut commencer par quelques éternuements et un nez très liquide, évoluer vers un nez bouché et des sécrétions plus épaisses, puis changer encore quelques jours plus tard.

Et c'est justement ce que j'aime dans cette approche : on observe, puis on adapte.

Et chez les enfants ?

C'est aussi ce qui rend les sels de Schüssler intéressants dans une approche familiale : on peut garder une logique assez simple, tout en adaptant le choix à ce que l'on observe.

Ils viennent toutefois en complément des gestes de base, et non à leur place. Pour un petit rhume, nettoyer régulièrement le nez avec une solution saline, proposer à boire, permettre à l'enfant de se reposer et surveiller son état général restent essentiels.

Comment prendre les sels de Schüssler ?

Les comprimés sont généralement laissés fondre lentement dans la bouche. Ils peuvent également être dissous dans un peu d'eau, ce qui est particulièrement pratique chez les enfants.

Pour un épisode aigu, la posologie utilisée dans l'approche Schüssler est de :

Adultes et enfants dès 6 ans : 1 comprimé toutes les 5 minutes pendant la phase aiguë.
Enfants de moins de 6 ans : la moitié de la dose, soit ½ comprimé toutes les 5 minutes en situation aiguë.

Lorsque les symptômes s'apaisent, on espace les prises plutôt que de poursuivre ce rythme toute la journée.

Pour une utilisation plus classique, hors phase aiguë, la posologie indiquée est de 2 comprimés, 3 fois par jour. Chez les enfants de moins de 6 ans, la dose est réduite de moitié.

Si l'on utilise les sels sous forme liquide, 1 comprimé correspond à 5 gouttes : en aigu, cela correspond donc à 5 gouttes toutes les 5 minutes chez l'adulte.

Pour le rhume dont nous parlons ici, je partirais volontiers sur les n°3 Ferrum phosphoricum et n°8 Natrium chloratum comme base, puis j'adapterais selon l'évolution des symptômes avec le n°4, le n°6 ou le n°10.

Petit conseil pratique pour les enfants : les comprimés peuvent être dissous dans un peu d'eau. Cela facilite la prise chez les plus petits et évite évidemment de leur donner un comprimé entier à laisser fondre en bouche.

Quand le petit rhume mérite un avis médical

Un rhume banal évolue généralement spontanément vers la guérison. Les sels de Schüssler et les autres approches complémentaires ne doivent cependant jamais retarder une consultation lorsqu'elle est nécessaire.

Une respiration difficile ou anormalement rapide, des signes de déshydratation, un état général qui se dégrade, une fièvre qui persiste ou des symptômes qui s'aggravent après une amélioration justifient notamment de demander un avis médical.

Chez les bébés et les très jeunes enfants, la prudence est évidemment encore plus importante, notamment en présence de fièvre.

Les sels de Schüssler : une version du rhume, parmi d'autres

J'ai volontairement appelé cet article « la version Sels de Schüssler », parce que ce n'est évidemment pas la seule façon d'accompagner un rhume en naturopathie.

Je pourrais consacrer un autre article au thym, au Pelargonium ou au gingembre, un autre encore à la micronutrition avec, par exemple, le zinc ou le sélénium. Selon l'âge, le terrain, les symptômes, les traitements et la personne que j'ai devant moi, les outils ne seront pas forcément les mêmes.

Les sels de Schüssler constituent donc un outil parmi d'autres dans ma boîte à outils de naturopathe.

Pour conclure

Les sels de Schüssler offrent une approche simple et modulable pour accompagner les petits maux de l'hiver. L'essentiel reste d'adapter leur utilisation aux symptômes, à leur évolution et, bien sûr, à la personne.

Un outil de plus dans la boîte à outils naturopathique, à utiliser avec discernement.